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À quoi ça sert, l’imagination ?

24 juin 2021
À quoi ça sert, l’imagination ?

Au fait, à quoi ça sert, l’imagination ? Et si on s’amuse à relier l’imagination à l’écoute de nos besoins, qu’est-ce que ça peut donner ?

Une définition de l’imagination

L’imagination est notre faculté de former des “images” dans notre esprit. On distingue deux types d’imaginations :

– l’imagination reproductrice, qui est la faculté de nous représenter des choses mentalement en leur absence (des images, des sensations passées, des souvenirs) ;

– l’imagination créatrice, qui est la faculté de combiner mentalement d’une manière originale ces images, sensations, souvenirs, etc.

Et oui, lorsque nous nous “souvenons”, nous faisons appel à notre imagination, pas seulement notre mémoire.

L’imagination créatrice, quant à elle, nous permet de nous projeter mentalement dans des situations, et ainsi d’explorer le monde, d’explorer des concepts et des idées, et de résoudre des problèmes. Elle nous permet de créer des mondes fictifs, et d’y tester mentalement des modèles hypothétiques, sans danger, et (si tout va bien) sans confondre ces mondes et ces modèles pour la réalité (qui elle est perçue par nos sens).

Ainsi, l’imagination créatrice ne consiste pas à créer de toute pièce quelque chose (un univers, de l’art, des pensées, des scénarios), mais à utiliser nos expériences passées, nos connaissances, pour les connecter à nos perceptions, et créer de nouveaux liens.

Imagination et besoins

Je crois (ceci est ma croyance) qu’intuitivement, notre imagination créatrice s’active toujours dans le sens de répondre à nos besoins, de combler mentalement les vides inconscients laissés par nos besoins non nourris. Besoin de sens, de soutien, de sécurité, de tendresse, de reconnaissance, d’acceptation, de partage, de respect de notre pouvoir personnel, de jeu, d’autonomie… Tous nos besoins, la liste est longue.

Or, si un conditionnement répandu est de hiérarchiser nos besoins (les nôtres ou ceux des autres), de les classer par ordre d’importance ou de priorité (la survie d’abord, et les autres besoins considérés comme du luxe, de l’égoïsme, de la faiblesse, ou de la superficialité), je crois que notre imagination, elle, s’en fiche, et va quand même chercher à combler les vides, indépendamment de ce que nous raconte notre logique conditionnée au sujet de ce qui serait important et ce qui le serait moins.

Parfois, nos manières de répondre à nos besoins sont sources inconscientes de séparation et de violence. Par exemple : crier et insulter quelqu’un, pour qu’il nous accorde son attention et réponde à notre besoin de reconnaissance, ou pour qu’il nous laisse tranquille et réponde à notre besoin de calme.

C’est bof bof, ça fonctionne moyen, mais on ne fait pas exprès (c’est une “stratégie tragique”, comme on dit en CNV-Communication Non Violente).

Dans ces cas-là, il peut suffire que quelqu’un nous propose un autre modèle, une autre possibilité, pour que notre imagination puisse s’en emparer, et apprenne à combler les vides d’une autre manière. Peu à peu, nous pouvons développer de nouveaux modèles, toujours pour répondre à nos besoins, mais cette fois-ci sans créer de séparation…

Ce que l’imagination n’est pas

L’imagination, ça ne se réduit pas à rêver à de licornes, de pirates et de châteaux volants dans le ciel.

En fait, si nous utilisons notre imagination pour nous prendre pour des licornes vivant dans des châteaux volants, c’est juste que nous avons regardé des histoires de licornes et de châteaux volants, et donc qu’à présent, nous sommes capables de nous y projeter mentalement.

Quelqu’un, un jour, a imaginé les licornes, en combinant ce qu’il connaissait : les chevaux et les rhinocéros, peut-être. Mais nous, nous n’avons pas inventé les licornes. Nous utilisons ces images de licornes déjà existantes, que nous avons croisé quelque part, pour créer un cadre mental qui réponde à nos besoins, que nous en ayons conscience ou pas. Quels besoins ? Peut-être des besoins d’évasion, de liberté, d’exploration, de reconnaissance par le monde de notre valeur et de notre légende personnelle unique… Alors notre imagination s’empare des licornes.

Notre imagination n’est pas la réalité, mais une projection mentale. Néanmoins, cette projection mentale est très efficace sur notre esprit (pensez à l’hypnose). Les effets de notre imagination sont bien réels dans la manière dont nous l’utilisons pour réorganiser notre manière d’appréhender le monde, pour répondre à nos besoins…

Notre imagination est unique

Les licornes, c’est un exemple. Mais l’imagination créatrice n’est pas toujours “féérique” : ce serait une définition bien réductrice. Pourquoi associer l’imagination à quelque chose d’enfantin ou de pas sérieux ?

Notre imagination est à l’oeuvre tout le temps. Lorsque nous faisons revenir à notre mémoire des souvenirs, nous utilisons l’imagination. Lorsque nous résolvons mentalement des problèmes techniques, nous utilisons l’imagination. A chaque fois que nous créons mentalement des nouveaux liens entre nos perceptions, connaissances et expériences, nous utilisons l’imagination. Notre imagination comble mentalement les vides, à chaque instant.

Notre imagination nous appartient. Elle a toujours une forme unique de créer des liens entre les choses. Notre manière de tester mentalement des modèles est unique. Pas deux personnes n’ont la même manière de percevoir le monde, puis à partir de ces perceptions, d’explorer mentalement le monde en version imaginaire, et de résoudre des problèmes par leur imagination.

Une personne aveugle ne perçoit pas le monde de la même manière qu’une personne voyante, cela peut sembler évident. Si cette personne est aveugle de naissance, son imagination va être très, très différente d’une personne voyante.

Mais saviez-vous que certaines personnes, sans être aveugles, ne peuvent pas visualiser mentalement les images ? Cela s’appelle l’aphantasie, et cela toucherait environ 2% de la population. Même dans ce cas, les personnes peuvent imaginer. Même sans “images” mentales, le cerveau sait imaginer.

Parentalité, émotions, besoins

En terme de parentalité, ou d’accompagnement des enfants en général, nous sommes capables d’imaginer des façons d’accompagner les enfants à partir de ce que nous avons vécu, vu, lu et intégré (consciemment ou inconsciemment).

Pour imaginer des façons plus respectueuses d’interagir en famille, à l’écoute des besoins de chacun, nous n’inventons pas à partir de rien : nous créons de nouvelles connexions, de nouveaux liens, entre nos perceptions, nos connaissances, et nos expériences. Et pour cela, nous nous nourrissons de modèles.

Ces modèles différents de parentalité (et même ces modèles différents de société, selon moi c’est indissociable), axés sur l’écoute et le respect des besoins, si on en parle de plus en plus, c’est que de plus en plus de personnes s’en emparent, dans leurs domaines, à leur façon. À partir de leurs propres modèles, à partir de ce qui nourrit leur propre imagination, elles créent de nouveaux liens, de nouvelles routes.

Dans ces modèles, par exemple, l’accueil des émotions, comme des messagères de besoins non nourris qui attirent notre attention, tient un rôle important.

Nourrir notre imaginaire

À partir de cette idée que nous n’inventons rien, mais que notre imagination s’empare de tout ce qu’elle trouve pour aller dans le sens de répondre à nos besoins (tous nos besoins), nourrir notre imagination est essentiel.

Notre imagination se nourrit de tout ce que nous avons croisé dans notre vie, que nous nous en souvenions consciemment ou pas. Notre imagination n’a pas besoin d’efforts pour se nourrir, elle se nourrit de petits riens, de personnes rencontrées, de paysages, de lieux, d’expériences, de lectures…

C’est aussi pour cela que je partage sur ce blog mes propres manières de voir le monde, mes propres expériences. Pas pour partager une vérité, mais pour proposer des modèles, dont chacun peut s’emparer à sa guise… J’ai absolument confiance que nous nous emparons de ce qui nous aide à répondre à nos besoins. J’ai espoir que nous imaginions de plus en plus de modèles qui permettent de répondre à nos besoins sans les hiérarchiser (c’est-à-dire créer de la violence interne en mettant en conflit tous nos besoins…), et qui n’opposent plus les stratégies des uns pour répondre à leurs besoins avec les stratégies des autres (exemple : des croyances qui répondent à nos besoins de sens et de communion, s’opposant aux croyances de nos voisins répondant à leurs propres besoins de sens et communion, et du coup on se fait la guerre, snif snif).

Nourrir et re-nourrir l’imaginaire des enfants et parents

C’est dans cette idée que j’ai créé un album jeunesse, “Ce qui rend le monde si beau”. Pour nourrir notre imagination de poésie, de couleurs, et de jolis messages.

C’est un album jeunesse pas comme les autres, puisqu’il s’accompagne également d’une notice explicative pour adultes. La majorité du contenu de cette notice est humoristique : il s’agit de rendre la lecture de cet album encore plus agréable à lire pour l’adulte, en créant en arrière plan de la lecture à l’enfant un champ d’humour et de dédramatisation (utile pour prendre du recul, lorsque la fatigue et l’agacement, ou toute autre expression de nos propres besoins non nourris, risquent de prendre le dessus dans nos relations avec nos jeunes enfants).

Mais il y a aussi dans cette notice des sortes d’ancres, des rappels autour de l’écoute des besoins, de l’accueil des émotions… L’objectif : qu’en lisant ce livre aux enfants, certains passages fassent office de “rappels” bienveillants pour les adultes aussi, et nourrissent notre propre imagination pour accompagner nos enfants avec tendresse et respect.

En effet, si beaucoup d’outils de parentalité sont très inspirants lorsque nous les découvrons, nous pouvons, au quotidien, les oublier, perdre l’inspiration, manquer de modèles… Des rappels sont parfois bienvenus (pour peu qu’ils ne soient pas perçus comme des jugements qui entreraient en collision avec nos besoins d’acceptation, de reconnaissance, de respect, etc).

Cet album jeunesse suit les découvertes d’Hector et Capucine dans l’apprentissage de l’écoute intérieure et extérieure.

« Ecoutez le chant, écoutez-le vraiment

Qu’il vienne de dehors, ou de dedans »

Ainsi, la deuxième partie de l’album est consacrée à des idées amusantes et illustrées de choses à “écouter” (une petite liste poétique et rigolote à la Prévert, à compléter avec l’enfant si on le souhaite)

Il y a par exemple :

Le bruit des rollers sur les pavés
Ou bien un monstre a-t-il pété ?

(Je sens qu’on va bien s’amuser avec la version audio, aussi…)

L’explication associée à ce passage du “monstre” dans la notice pour adultes est la suivante (un bon exemple d’utilisation pratique de l’imagination et du jeu pour accompagner nos enfants vers l’autonomie, dans la sécurité affective) :

« Un moyen d’aider l’enfant à dépasser une peur est par le rire. Ainsi, l’enfant peut rejouer des scènes qui lui ont fait peur, il reprend le contrôle de cette émotion forte, il en joue, il l’apprivoise, et il en rit. Accompagné par la confiance et l’amour d’un adulte, l’enfant se confronte à sa peur en sécurité affective totale, dans le cadre d’une situation plaisante (le rire). Avec votre présence rassurante et non-jugeante, il utilise son imagination pour retourner dans un souvenir effrayant, et en changer le scénario, dans le rire et le jeu.

C’est pourquoi le monstre a ici des flatulences : transformer une situation effrayante en occasion de rire. Libre à vous d’inviter l’enfant à inventer sa propre histoire, en remplaçant ce monstre par autre chose d’effrayant pour l’enfant… avant de faire péter cette autre chose à volonté.

Il ne s’agit pas de se moquer des peurs de l’enfant, mais de les reconnaitre et de les accueillir avec lui, puis de lui donner des pistes pour reprendre le pouvoir dessus, en guidant son imagination, en l’accompagnant.

Si les flatulences n’ont pas d’effet humoristique chez l’enfant (encore jamais vu), ou si vos convictions éducatives vous interdisent de prononcer le mot « pété », vous pouvez remplacer par « bullé ».

Précision : l’idée est d’aider l’enfant à dépasser des peurs enfantines déjà existantes, pas d’introduire des concepts supplémentaires d’ogres mangeurs d’enfant cachés sous le lit. Épargnez à l’enfant une exposition à de la matière à cauchemars supplémentaires. Peu d’enfants ont d’emblée, dès la naissance, peur des ogres. »

Après avoir lu cette notice (et l’avoir refeuilletée de temps en temps si envie, c’est une notice rapide, pas un livre entier de parentalité), le passage « Ou bien un monstre a-t-il pété ? », en plus d’être potentiellement un passage hystériquement drôle pour l’enfant (ne nous prenons pas toujours trop la tête), surtout si on y met bien le ton, pourra devenir comme une “ancre” pour les adultes, pour se remémorer à chaque lecture le pouvoir de l’imagination associée au rire pour accompagner les peurs éventuelles d’un enfant.

L’imagination est ici au service du besoin de sécurité de l’enfant. La peur, l’émotion, étant la messagère de ce besoin.

Vous avez jusqu’au 1er juillet pour acheter cet album jeunesse, illustré par @calacolori, disponible via une campagne de financement participatif sur Ulule :

https://www.ulule.com/ce-qui-rend-le-monde-si-beau/

On en est à 83% de notre très ambitieux objectif de 400 préventes, alors on ne lâche rien pour atteindre les 100%. C’était un objectif ambitieux, qui nous assure de pouvoir rémunérer correctement l’illustratrice, et d’imprimer le livre en France, dans la même ville d’où il sera expédié, par un imprimeur labélisé Imprim’vert. Je compte sur vous pour partager autour de vous (avec un petit mot personnel c’est encore plus efficace) et si le projet vous intéresse, n’attendez plus participer ! Le livre sera envoyé vers novembre 2021, à temps pour offrir à Noël, pour le plaisir des parents et des enfants.

PS : Si cet article vous a parlé et intéressé, sachez que nous sommes en train de co-écrire, avec une amie, un livre sur le pouvoir de l’imagination associée à la conscience, l’accueil et l’intuition. J’ai tiré quelques paragraphes de l’ébauche de ce livre pour écrire ce texte. Un jour, bientôt j’espère (probablement pas avant plusieurs mois hum hum), je vous en reparlerai. J’ai vraiment hâte ! ;-)

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