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Autisme virtuel. Bah quoi ?

10 avril 2019
autisme virtuel

Les propos d’un médecin et le buzz autour de l’autisme virtuel

Imaginons un instant qu’un médecin dise un jour que la surexposition aux écrans provoque des troubles ressemblant à ceux de l’autisme, et que son message soit relayé partout dans les médias, sur les réseaux sociaux… partout. Au lieu de dire simplement « attention, laisser son enfant 8 heures par jour devant un écran, euh, c’est pas très bien pour le développement de son cerveau », et de sensibiliser avec bienveillance et pédagogie sur le sujet, ce médecin va dire que cela provoque des troubles « ressemblant » à ceux de l’autisme.

Tout le monde comprend le message de ce médecin : des heures et des heures d’écran par jour, pour un enfant, bon, c’est pas terrible, parce que le petit enfant a besoin d’interactions et d’expérimentations non virtuelles, etc.

Tout le monde comprend que ce médecin n’a pas dit que les écrans en excès provoquaient de l’autisme, mais bien qu’ils provoquaient des troubles « ressemblant » à ceux de l’autisme.

Donc pas de souci, n’est-ce pas ?

Je répète : ce médecin n’a PAS dit que les écrans en excès provoquaient de l’autisme, mais qu’ils provoquaient des troubles RESSEMBLANT à ceux de l’autisme, mais en fait c’est pas de l’autisme. Pour différencier, ce médecin appelle ça de « l’autisme virtuel ». Une sorte de fléau des temps modernes.

Les symptômes font penser à de l’autisme, mais la vérité est ailleurs. D’ailleurs, tous ces symptômes de « faux autisme » disparaissent en supprimant les écrans, preuve que ça n’était pas du « vrai autisme ».

Tout le monde comprend : ça n’est pas de l’autisme.

C’est clair.

N’est-ce pas ?

Moi aussi, à titre personnel, si je passe mes journées sur youtube, mes tendances asociales s’aggravent, émotionnellement je vois un peu flou, puis ça se stabilise dès que je me remets à la balade en pleine conscience en nature et entre amis. 

Pour les enfants c’est un peu pareil, à ce détail près néanmoins que leur cerveau est en pleine construction, donc faut faire gaffe, tout ça…

(Et à cet autre détail près que je n’ai jamais pratiqué la balade en pleine conscience en nature entre amis de ma vie, à part dans mes fantasmes de fille, non seulement très spirituelle, mais aussi très ancrée dans le réel de la nature terrestre et de la sociabilité)

Ok.

Le monde où tout le monde comprend

Ok dans un monde où tout le monde sait ce qu’est l’autisme, et est sensibilisé aux difficultés liées à l’autisme, et à toutes ses manifestations multiples et variées.

  À voir : Autisme de mon fils, ce que j’ai appris

Ok dans un monde où en cas de suspicion d’autisme, il suffit de prendre rendez-vous chez le spécialiste de l’autisme du coin, et deux semaines plus tard tous les tests sont faits et le diagnostic établi, avec la série d’accompagnements qui va bien et les ressources adaptées qui suivent tout de suite après.

Ok dans un monde où les parents ne sont pas stigmatisés pour le comportement de leurs enfants, et où il est bien clair que l’autisme d’un enfant n’est pas le résultat supposé d’un quelconque laxisme. On est bien d’accord que l’autisme n’est pas le résultat de laxisme, n’est-ce pas ? Ni d’autoritarisme ? Ni de frigidairisme maternel ? Ni de fusionisme ?

Ok dans un monde où les aménagements en classe pour les enfants autistes, proposés par des professionnels et justifiés par des troubles avérés, sont mis en place réellement, et pas vaguement acceptés oui-oui-on-va-le-faire par les équipes éducatives, puis mis de côté parce que c’est pas comme ça qu’on fonctionne ici… exemple d’aménagements au hasard, entre autres aménagements personnalisés possibles : un ordinateur, ou une tablette.

Ok.

Mais en fait…

Mais quand on ne vit pas dans ce monde là, et qu’un médecin associe le mot « autisme » à « trop d’écrans pour un enfant ça craint », et que ce médecin fait le buzz sur internet, que se passe-t-il ?

Même si tout le monde a très bien compris que ce médecin n’a pas dit que les écrans provoquaient de l’autisme, mais des symptômes RESSEMBLANT à de l’autisme, que se passe-t-il ?

Pour tous les parents d’enfants autistes, c’est une énième remise en question, une énième justification à fournir, une énième suspicion quant à leurs compétences parentales, avant de pouvoir enfin être pris au sérieux, dans une société qui, globalement, ne comprend pas l’autisme.

C’est la boulangère, puis l’instit’, puis la belle-mère, qui leur parlent de ce documentaire bluffant où en fait le gamin on croyait qu’il était autiste, mais en fait il n’était pas autiste en fait… ça vaudrait peut-être le coup d’essayer de supprimer les écrans, pour ton enfant, de voir si ça diminue les troubles, en fait si ça se trouve c’est pas du vrai autisme, mais de l’autisme virtuel… t’imagines ?!

C’est les regards pas très gentillounets des passants, et les murmures qui vont avec, quand un parent calme son enfant autiste en crise avec un smartphone. Ce n’est pas parce que ce parent ne supporte pas la frustration de son enfant par procuration, c’est juste histoire qu’il ne se fasse pas trop mal en se tapant la tête contre le mur (parce qu’il est en surchage sensorielle et qu’il ne gère plus grand chose).

C’est une recrudescence à différentes strates sociales de : “l’autisme, cette mode… les parents devraient s’occuper vraiment de leurs gosses, au lieu de les laisser devant un écran à longueur de journée”.

Vous comprenez, le problème, dans tout ça ?

Pas contents, caca !

C’est pour ça, et pour d’autres affaires qui relèvent à présent de la justice, qu’un certain nombre de parents d’enfants autistes ne sont pas contents quand ce médecin exprime ses théories (établies selon ses observations personnelles, c’est-à-dire du même niveau scientifique que mon blog très spirituel), et qu’ils lui ont donné un surnom avec le mot “caca” dedans.

Moi je n’utilise pas ce surnom, parce que je ne trouve pas ça si spirituel que ça, et aussi parce que ce que dit ce médecin, au fond, je m’en fous, ça ne me touche pas personnellement (je vis en Angleterre, un pays relativement renseigné sur l’autisme, contrairement à la France)… Ceci dit, mes enfants me le rappellent à longueur de journées, le surnom “caca” est universel.

Sensibiliser les parents à l’excès excessif d’écrans chez les enfants, oui, ok, si on sait faire ça dans la bienveillance et sans culpabilisation ni dogmatisme, ok, allons-y gaiement, une fois les données bien étudiées et les conclusions scientifiques tirées.

Mais est-ce qu’on peut le faire sans utiliser le mot « autisme » ?

Enfin je veux dire, lorsque mon deuxième fils (qui n’est pas autiste) est en train de regarder Peppa Pig, si je lui parle, il capte quedalle. J’ai beau faire groin groin dinosoooooore pour attirer son attention, il s’en fout, il est dans sa bulle Peppa Pig. Et si j’éteins, après le cinquième “c’est le dernier épisode maintenant il faut qu’on y aille”, il fait une crise et il se roule par terre. Comme un drogué en état de manque, il peut faire preuve d’agressivité à mon égard, légèrement disproportionnée selon mes critères d’adulte (mais comme je fais un peu pareil s’il n’y a plus de chocolat, je sais faire preuve d’empathie). Je ne dis pas pour autant qu’il a momentanément des symptômes ressemblant à de l’autisme…

Dogmatisme VS inclusion

Il n’y a ni télé ni tablette chez nous, le seul écran auquel mes enfants ont accès avec moi, c’est mon ordinateur portable.

Moi-même, depuis que mon dernier smartphone a ploufé dans les toilettes, suite à une expérimentation enfantine pour vérifier s’il était “water-plouf” (il ne l’était pas), je suis repassée à un stupidphone. Ne me demandez donc pas si je suis sur Instagram. Ça n’a rien à voir avec une quelconque idéologie, c’est juste que personnellement, je ne sais pas réguler ma consommation d’internet si j’ai facebook toujours à portée de poche, et ça me déconnectait trop souvent de mes enfants, donc j’ai fait ce choix (et je me rabats régulièrement sur d’autres moyens de déconnexion… faut pas croire, moi aussi je trouve ça facile d’accuser l’outil plutôt que l’utilisateur).

Pendant 2 ans, mon fils ainé est allé dans une école privée à pédagogie alternative, dont le règlement demandait que l’enfant n’ait aucun accès à un écran à la maison. Les fameuses écoles où, soi-disant, les cadres de la Silicon Valley mettent leurs enfants… Il se trouve que mon fils a fini par se faire exclure de cette école. L’autisme, c’est compliqué, dans une pédagogie basée en grande partie sur la créativité et le jeu en groupe. Dogmatisme et inclusion vont rarement bien ensemble.

Il est donc passé à l’école publique du quartier. Et régulièrement, il me demande de regarder à la maison les vidéos qu’il a vues en classe.

Et je rigole ! Mais qu’est-ce que je rigole !

Franchement, je ne sais pas ce qu’ils font en classe, peut-être qu’ils se font des séances de défoulement-danse-rigolade, mais quel bonheur que de prendre les choses avec légèreté, sans dogmatisme, juste ancrés dans le monde tel qu’il est aujourd’hui. Voici deux exemples de vidéos que nous avons retrouvées à partir des versions chantées de mon fils, je vous laisse imaginer les fous rires à la maison :

Ou encore (la non-mangeuse de viande en moi ne s’en est même pas offusquée) :

Sur ces sujets, à voir ABSOLUMENT, sur l’excellentissime chaine youtube PsykoCouac, 2 vidéos :
Les écrans, c’est méchant ?
Trouble du spectre de l’autisme (ou comment expliquer l’autisme avec humour et bienveillance)

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Marine
Marine
1 année il y a

Wow, merci pour cet article qui vient grandement éclairer ma lanterne d’obscurantiste au sujet de l’autisme. Je suis plutôt dans la team des parents anti-écran, du coup qu’un médecin dise que c’était mal ça m’arrangeait bien et je ne savais pas trop quoi penser de tout ce débat vu que je ne connais rien à l’autisme, donc merci je comprends vachement mieux maintenant ! Et aussi j’en profite pour te dire que j’adoooore d’amour ton blog, tes vidéos, ton humour, ta façon d’exposer ton point de vue, ton recul, tes remises en questions, ta lucidité, et ta grande spiritualité bien… Lire la suite »