Accueil Maternage Un bain de maman en 10 étapes

Un bain de maman en 10 étapes

30 avril 2016

Être une bonne mère implique de savoir prendre du temps pour soi. Dimanche dernier, dans l’optique d’être une bonne mère, j’ai donc décidé de prendre un bain. Un vrai bain, pas un “bain de maman”. Très chaud, très long, et très la porte fermée.

Ai-je réussi à profiter de ce moment de ressourcement ? Je vous raconte TOUT. En 10 étapes.

bain de maman, maman prend son bain, ressourcement et paix bulleuse

Avertissement : ce récit, inspiré d’une histoire vraie, est romancé (c’est-à-dire que j’ai mythonné des intrigues et des rebondissements pour rendre la narration amusante). Ne tentez pas de le reproduire chez vous, je décline toute responsabilité.

1. Préparation du terrain

Je préviens : “Chéri, je prends un bain, je compte sur toi pour surveiller les petits. Je ne veux pas être dérangée. C’est un moment pour moi, dans le cadre de mon bien-être, afin d’être une bonne mère.” Il n’y a même pas de trémolos hystériques dans ma voix, c’est dire si j’ai confiance.

Je ferme la porte (jubilation momentanée).

Je verrouille (extase cosmique).

Je déverrouille (faut pas déconner non plus, tout acte de rébellion maternelle a ses limites).

Je fais couler l’eau chaude et y lance le thermomètre Coin-coin (c’est son nom) par habitude, puis je ris intérieurement de ma bêtise. Hahaha, Coin-coin va virer tout rouge, à moi les températures maximales interdites.

coincoin

2. Gardien de la porte

Solitude : je confirme.

Chaleur : mes lunettes sont tellement embuées que je les retire et abandonne mon idée de commencer la lecture d’un livre. (Ça m’évitera ainsi de ne jamais réussir à le finir.)

Silence : c’est un peu plus raté, ça s’agite derrière la porte. D’une oreille distraite, je comprends qu’il s’agit du grand-frère de trois ans qui veut subitement se laver les mains dans le lavabo de la salle de bains, et nulle part ailleurs. Si l’on ne se fiait qu’à l’intensité de ses hurlements, on pourrait presque y croire… Sauf que que ça fait un an qu’il refuse de s’approcher de la moindre parcelle de substance lavante. Il est loin le temps où il aimait tant se laver qu’on retrouvait des traces de crocs dans les blocs de savon et les bouteilles de shampoing (limite il pétait des bulles).

La poignée s’abaisse trois ou quatre fois avec véhémence.

Le Papa tient son rôle de protecteur du temps de ressourcement de Maman avec brio, les hurlements finissent par cesser. Il y a de la triche dans l’air, quand même, j’ai vaguement entendu un “Petit Ours Brun” et un “Chocolat” entre deux hurlements. Mais ce n’est pas le moment de chipoter méthodes éducatives.

Je prends mon bain.

Ça dure…

Ça dure…

… 5 minutes.

3. Début de la fin

La porte s’ouvre en trombe. Le Papa entre, un bébé à bout de bras, et s’exclame paniqué : “Vite, il a fait caca ! Il faut que je lui change la couche !”

Forcément, la table à langer est dans la salle de bains.

Bébé n’aime pas être changé et il l’exprime.

Tout à coup, retournement impensable de situation, le stress paternel retombe, je vois ses épaules s’affaisser : “Ah bah non, y’a pas de caca en fait.”

Il se retourne vers moi, à la fois ébahi et joyeux, et il répète : “Il n’a pas fait caca en fait.”

Je partage silencieusement son ébahissement. Sa joie, un peu moins.

4. Prolactine s’en mêle

Voilà, c’est foutu. Bébé m’a vue (il a vu mes seins), je l’ai vu, mes taux d’hormones commencent à grimper. Il me fait un grand sourire et me drague avec ses deux dents du bas et un léger filet de bave. C’est vraiment le plus beau bébé du monde. Je lui dis : “Gouzougouzou bah alors mon choudoudou roudoudou t’as pas fait caca en fait ? Il est un peu bêta ton papounet. Viens là que je te fasse un câlinou d’amour…”

Le Papounet tente de se justifier : “Je te jure, il est devenu tout rouge, j’ai cru qu’il…”

Le Choudoudou Roudoudou l’interrompt : “GAAAGAAA” (avec une montée dans les aigus sur les deux AA de la fin).

Et sans que je ne comprenne comment, je me retrouve à deux dans mon bain.

bebebain

5. Retour à la température réglementaire

Un regard rapide vers Coin-coin, qui flotte placidement, tous ses capteurs en alerte rouge, me rappelle à la réalité. 44°C n’est pas une température optimale pour un bébé. Je tourne le robinet d’eau froide, objectif 38°C… Bye-bye l’ambiance hammam.

Si l’on récapitule, à ce stade, j’ai donc perdu la solitude et la chaleur embuante… Bon.

6. Instant magique

Je ne me plains ceci dit pas, mes hormones maternelles ayant arnaqué mon objectif initial de ressourcement solitaire, je me retrouve ravie d’avoir récupéré un petit roudoudou tout choudoudou qui tète à présent tout choudoudou avec son petit corps de roudoudou d’amour tout collé contre moi et son petit regard choudoudou d’amour et son petit nez gnougnougnou…

J’ai envie de prendre une photo pour immortaliser ce moment de choudoudounneries, me disant que ce serait du meilleur effet sur le facebook, mais plusieurs choses me retiennent :
A. Je suis pudique (je ne prends pas mes bains en combinaison de plongée).
B. J’ai les mains mouillées.
C. Ça finit toujours mal quand on sort un smartphone dans un environnement aquatique en présence d’un bébé.

Je m’interroge sur mon incapacité chronique à profiter du moment présent, et sur mon besoin compulsif de partager mes instants de bonheur, au lieu de simplement les apprécier par ma pleine présence à Ce Qui Est Ici et Maintenant… Je suis interrompue dans mes questionnements spirituels par le Choudoudou Roudoudou qui a fini de téter et qui a remarqué une chose TRÈS intéressante, sur le rebord de la baignoire : mes lunettes.

Attention, danger.

7. Appel à l’aide

Le Choudoudou Roudoudou a de la poigne. Ayant déjà été traumatisée, dans le passé, par des tentatives de récupération de lunettes en cours de broyage ayant lamentablement échoué, j’appelle le Papounet à la rescousse.

“Prends-moi ça !”

Je lui désigne le Roudoudou, les binoculaires dangereusement proches de la bouche et ses deux dents du bas associées.

Le Papounet prend les lunettes et commente avant de refermer la porte derrière lui : “Quelle idée, aussi, de prendre un bain avec ses lunettes…”

C’est vrai, ça. Quelle idée ?

8. Instant gênant

L’eau commence à refroidir (déjà préalablement refroidie de manière volontaire, je le rappelle). Le Roudoudou Choudoudou, s’ayant fait ravir mes lunettes, décide de s’attaquer à mes poils pubiens. (C’est un peu gênant d’écrire ça sur un blog public, mais tous les parents qui lisent ceci sauront de quoi je parle.) À chaque fois que j’essaie de l’éloigner en le distrayant avec Coin-coin, il revient à la charge dans son entreprise de déforestation de la forêt amazonienne.

Je parviens finalement à attirer son attention autre part en faisant couler plus d’eau chaude.

Mais que fait Greenpeace ?

9. Bouquet final

Ça y est, le Choudoudou Roudoudou joue avec Coin-coin, en sécurité coincé entre mes pieds à l’autre bout du bain. Tant que je fais abstraction des coups de bec en plastique sur mes tibias, je vais pouvoir profiter un peu de mon eau réchauffée (aux 38°C réglementaires, finies les folies).

bebejouebain

Le Roudoudou est calme.

Le Roudoudou est très calme.

Le Roudoudou est trop calme.

!!!

Dans un sursaut, je comprends. Si j’avais eu mes lunettes, peut-être aurais-je remarqué à temps l’empourprement du front et la mimique concentrée…bebeconcentre

Trop tard.

10. Conclusion

Le caca est propre, il a pris son bain.

C’est la flottaison finale.

La prochaine fois j’irai au spa.

A lire aussi, la suite des mes folles aventures d’émancipation : Je suis sortie sans mes enfants

Remerciements : Merci à Christine, du blog Arte’ Miss, pour sa recommandation du livre “Le bain de Madame Trompette”.

baindemadametrompette

C’est l’histoire d’une maman qui voudrait prendre un bain mais qui est sans cesse dérangée… Tiens donc. Je n’ai pas lu le livre, mais ça ne m’a pas empêchée d’être inspirée et d’avoir la prétention de m’imaginer que je ferais mieux qu’une maman éléphant qui met un bonnet de bain (alors que tout le monde sait qu’un éléphant, ça n’a pas de cheveux).

Abonnez-vous au blog en entrant votre email ci-dessous. Vous recevrez une newsletter TRÈS SPIRITUELLE à chaque nouvel article (un à deux par mois). Cela pourrait changer le cours de votre vie, n'hésitez plus un instant...
En donnant votre email, vous acceptez qu'il soit utilisé uniquement dans le cadre de cette newsletter et de la relation personnalisée et riche de sens qui pourrait en découler.

Politique de confidentialité ici

Vous pourriez aimer

S’abonner
Notifier de
guest

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

6 Commentaires
le plus ancien
le plus récent le plus populaire
Inline Feedbacks
View all comments
Laura
Laura
4 années il y a

Hahahaha grosse compassion ! Déjà vécu ce type de bain… Je viens de lire ton article aux WC (mon moment perso de la journée, les autres parents comprendront), avec mon bébé de 10 mois en écharpe de portage, affairé à dérouler le rouleau de PQ en gloussant façon dindonneau, et le grand de 2 ans tambourinant à la porte en beuglant “Frère Jacques dormez- vous”, pendant que son père s’évertue avec forces cris à lui faire manger une compote, la’ dans le couloir, donc. Mais j’ai tenu bon, j’ai tout lu ! ;-)

Arte Miss
4 années il y a

ohhh purée que j’ai rigolé :-))) Ma fille vient de me demander de lui acheter de la cire froide pour se faire le maillot. Je vais de ce pas lui dire d’abandonner : il existe une solution beaucoup plus efficace :-) Et puis c’est bien, coin-coin s’est fait un nouvel ami tout propre :-))) Je t’embrasse bien fort Véronique.

Gaëlle
Gaëlle
2 années il y a

Très belle narration. Je me sens moins seule.
En lisant j’ai bien rigolé avec mon grand de 4 ans qui me demande pourquoi je rie… :’D
Merci pour ce beau moment de lecture